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Colette LUERY (29 avril 2010)
Il n'y a pas de collection sans collectionneur et
l'un ne va pas sans l'autre. Pour apprécier l'un, il faut connaître
l'autre. D'où l'idée d'aller à la rencontre d'un collectionneur de temps
en temps et de vous le présenter.
Pour cette première expérience, nous voulions mettre à l'honneur une
dame fort attachante que certains ont eu plaisir à rencontrer lors de
notre dernière rencontre à Ermont.
Colette, notre «belle melonière»

Colette est une vraie passionnée de
cucurbitacées, à tel point qu'elle pourrait presque, en
sentant le melon, définir la région où il a poussé.
Elle se dit 'amoureuse de ses étiquettes' et il ne se passe
pas une journée sans qu'elle ne consulte ses albums.
Collecter ne lui suffit pas, elle est toujours en quête de
documentation pour enrichir ses connaissances pourtant déjà
très vastes. Elle aime faire partager cette passion et de ce
fait, nous avons passé en sa compagnie, et celle de son
époux, un moment particulièrement agréable, où le repas,
même sans melon, fut gouteux.

Bien que copieux, le repas n'était qu'une étape de cette
journée. Colette nous a ensuite déballé ses trésors bien présentés dans
ses nombreux classeurs.

Tout en consultant ses classeurs à volonté, nous avons
réalisé l'interview de Colette, souvent entrecoupée d'éclats de rire.
Colette est décidément comme ses melons, pleine de soleil et de vie :
Bonjour Colette
Didier : dis nous en quelques mots qui tu es ?
Colette : je suis une retraitée déjà ... depuis
maintenant 20 ans.
Didier : quelle chance !
Colette : j'ai 80 ans, j'ai donc le droit (rires)
Didier : ça ne se voit pas
Colette : oh oui c'est ce que tout le monde me
dit. En plus, je suis une grand-mère avec 3 petits enfants et je vis à
Issy les Moulineaux dans un appartement où je me plais beaucoup.
Voilà c'est tout ce que j'ai à raconter sur ma vie!
Didier : quand as tu commencé cette collection d'étiquettes de melons ?
Colette : eh bien j'ai commencé la collection en
reprenant la collection de notre fille ainée. Elle l'avait commencée en
1978 et je l'ai donc reprise, je devais être à la retraite, en 1990.
Didier : pourquoi as tu choisi les melons ?
Colette : j'ai choisi les melons parce que j'ai
une amie qui un jour en cherchant des vignettes pour Jack, a sorti une
boite avec des étiquettes de melons de son mari qui étaient très
anciennes et ça m'a donné le goût de reprendre la collection de notre
fille qui m'en avait fait cadeau. Je me suis retrouvée à la tête de 2
collections que j'ai ensuite grossi de droite et de gauche en reprenant
des collections de personnes décédées. La première collection que j'ai
acheté, j'ai payé 2000 étiquettes diverses pour 20 euros. Et j'en ai
donné, je n'ai eu que 500 étiquettes de melons. J'ai été bête car j'ai
tout donné d'un coup à tout le monde sans les échanger (rires). Maryvonne
en a récupéré pas mal. Elle m'avait répondu «grâce à toi, ma collection
a beaucoup grossi»
Didier : peux tu nous dire en gros de quelle année date ton étiquette la
plus ancienne ?
Colette : j'en ai une datée de 1938 (écrit
derrière) mais je ne le crois pas. Autrement, les plus anciennes sont de
1953 je crois.
Didier : te souviens tu de la première étiquette que tu as ramassée et
où ?
Colette : la première étiquette que j'ai ramassée,
c'était d'ailleurs pas pour moi mais pour notre fille, sur un marché de
Provence, à L'isle sur la Sorgue, et c'était sur un melon, y'en avait
énormément à cette époque là sur tous les melons. Maintenant, si tu vas,
y'a plus d'étiquettes sur les melons à L'isle sur la Sorgue.
Tous les marchés de Provence, on les faisait alors Jack, Nathalie et moi, on ramassait les étiquettes pour elle.
Didier : et pourrais tu la retrouver cette étiquette dans tes classeurs
?
Colette : ah bah oui oui

Didier : as-tu une anecdote amusante à nous raconter
au sujet de ta collection ou de la manière dont tu les ramasses ?
Colette : (rires) il faut que je réfléchisse. Une fois,
j'avais trouvé un producteur de melon dans un village, je lui ai écrit
avec son nom, son prénom et l'adresse sur le minitel à l'époque. Je lui
ai écrit et 3-4 jours après, j'ai reçu une lettre à l'en-tête d'un
docteur qui me disait «ma chère Colette, je suis désolé, mais je ne suis
pas producteur de m'lons». J'ai trouvé l'histoire assez drôle parce
qu'il avait pris une feuille d'ordonnance pour me répondre. (rires)
Didier : combien en as-tu approximativement?
Colette : beh pas loin de 6000.
Didier : montre nous les étiquettes préférées de ta collection

Didier : as-tu des choses à rajouter ?
Colette : j'ai écrit 200 lettres à droite à gauche
pour récupérer des étiquettes de m'lons, et j'ai souvent eu des réponses
très gentilles, et même certaines personnes m'ont invitée à passer les
voir quand je passerai dans leur pays, mais j'y suis jamais allé. Dans
la Drôme , mais aussi en Vendée les gens qui m'ont invité, disait «
venez donc gouter nos melons, vous verrez comme ils sont bons ». Et puis
une femme m'a écrit en disant « c'est très bien de collectionner les
étiquettes de melons, c'est très bien, mais mangez du melon. »
Didier : tu sais à peu près combien de correspondants réguliers tu as
pour faire tes échanges?
Colette : oh non j'en ai pas beaucoup. Maryvonne,
toi ... non je ne fais pas d'échange pratiquement. Ah si ! J'ai Monique Lequy qui m'envoie en photo des étiquettes,. Ah bah si j'ai aussi
l'espagnol Miguel Sanchez.
C'était le premier enregistrement en direct pour la newsletter.
Merci Colette
Colette : soupir de soulagement
A la suite de ce grand moment journalistique, nous avons sélectionné ses
plus belles pages d'anciennes étiquettes françaises que nous avons
scannées avec émerveillement et gourmandise.
Quelques étiquettes de
Colette présentes sur notre site
Vous l'avez compris, Colette est une collectionneuse acharnée. Dans ce
domaine, où les fous sont rois, son mari n'est pas en reste. Il possède
une collection vertigineuse de vignettes essentiellement militaires,
mais aussi ...

Merci Colette et Jack.
Laurence et Didier
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